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Libéralisme et souveraineté

Libérer les acteurs économiques des "contraintes" de l'état

Le libéralisme consiste à libérer les acteurs économiques de contraintes règlementaires ou de freins aux échanges marchands. Le contraire du libéralisme est la régulation. La régulation répond à des contraintes diverses, visant l'intérêt général et le bien commun, et s'opère en principe par l'intervention de l'état: règlementation du travail, contraintes sanitaires, monopoles d'état sur les secteurs stratégiques, les infrastructures ou les services publics (SNCF, EDF, télecommunications, autoroutes etc...), stabilisation de l'économie pour éviter les crises (en régulant la finance /ex), taxes pour redistribuer les richesses etc. Libéraliser revient donc à affaiblir ces moyens de contrôle de l'économie. C'est la dérégulation.

La doctrine libérale extrême et son principe d'autorégulation

La doctrine libérale extrême considère que le marché s'autorégule seul, sans intervention de l'état. À travers leurs choix, les consommateurs influencent la production de telle ou telle marchandise, et la loi de l'offre et de la demande se charge d'équilibrer les prix et de répartir les richesses. Mais on constate bien que le marché –tel qu'il a été petit à petit dérèglementé– peine à se stabiliser (crises successives) et à orienter l'économie pour répondre aux besoins essentiels de la population ou de l'environnement : avoir un travail (décent), du pouvoir d'achat, de l'argent pour l'état et les services publiques, des modes de production plus écologiques, des produits alimentaires sains...

La loi El Khomri : libéraliser la règlementation au travail

La loi El Khomri est une application des directives européennes qui consiste principalement à faciliter le licenciement et à ramener la négociation des conditions de travail, de protection et de rémunération au sein de chaque entreprise. Là où les salariés sont moins forts pour négocier, car moins nombreux et plus isolés, surtout dans un contexte de fort chômage où le "chantage" à l'emploi est fort. On estime pourtant atteindre ainsi des équilibres "optimaux" entre marché du travail et marché tout court ; y compris une création d’emplois découlant d’une stimulation des embauches du fait de la flexibilité gagnée. Or, cela peut créer plus de CDI au lieu de CDD, mais il n’y a pas de raisons que le taux de chômage diminue: ce n’est pas parce que les entreprises prennent moins de risques à l’embauche que les carnets de commandes vont se remplir ou qu'elles choisiront d'investir (plutôt que de rémunérer les actionnaires; voir plus loin "Projet de la France Insoumise").

Uberisation : faire de tous les travailleurs des produits soumis aux lois du marché

L’ubérisation est une autre forme de libéralisme qui va dans le même sens que la loi El Khomri, par une fragmentation des unités de travail/production. Dans un cadre Ubérisé, les gens sont leurs «propres patrons» et vendent leurs services. Chaque personne est isolée dans son métier mais en contrepartie est plus indépendante. Cela est pertinent pour les personnes qualifiées ou sur des secteurs très spécialisés, car les entreprises "s’arrachent" leurs services. Mais c’est vrai un piège quand il s’agit des métiers peu qualifiés. Les chauffeurs d’Uber, sont justement des travailleurs peu qualifiés. Or c’est Uber qui décide du prix d’une course, pas eux. Et comme ils sont remplaçables à volonté, ils n'ont pas leur mot à dire. Cela conduit les chauffeurs à la ruine pendant qu'Uber gagne ses parts de marchés.

Le libre échange et ses conséquences ?

Le libre échange est un libéralisme entre les états, qui consiste à libérer les échanges entre eux en diminuant ou en supprimant les taxes aux frontières, ce qui est le cas au sein de l'Union Européenne. L'économie est stimulée mais une concurrence plus ou moins loyale peut se mettre en place. Les travailleurs français peuvent être mis en concurrence avec des travailleurs roumains par exemple, moins bien payés, moins bien protégés... Sous la pression compétitive, on observera alors en France un accroissement des délocalisations, des pertes d’emplois, une dégradation des conditions de travail et de rémunération, un abaissement des standards (environnementaux, sanitaires)...

Quelles réponses ?

Il faut alors créer d’autres types de productions et de travail qui subiront moins cette concurrence. Des investissements à de multiples niveaux sont donc nécessaires pour avoir des gens formés et créer des industries innovantes, rares et compétitives. Nous verrons qu’hélas, de tels investissements par les entreprises qui le pourraient –les grandes– ne vont pas de soi. Pour elles, il est souvent plus simple –et surtout plus rentable à court terme– de diminuer le «coût du travail» ou de délocaliser, que d’investir dans des productions d’avenir. Ainsi, si on ne réglemente pas par ailleurs les mécaniques financières et d'investissement aucune politique subvensionnant l'investissement ne peut fonctionner.

En parallèle, un protectionnisme, bien dosé, peut avoir cette vertu de relocaliser certaines productions et protéger le tissu industriel. C’est bon pour l’environnement, pour l’autonomie et pour l’emploi. Être capable de produire soi-même ses propres marchandises est une force, qui nous rend plus indépendants. Or cette indépendance est une condition nécessaire à la souveraineté et donc à la démocratie.

Un état moins dépendant est plus démocrate

En quoi l'indépendance économique serait-elle un facteur de démocratie? Et en quoi serait-ce nécessaire aujourd’hui? Prenons un exemple: la transition écologique. Si on veut amorcer une telle transition, il faut le décider non? Or une décision de ce type ne peut vraiment se prendre qu’au sein d’un espace capable justement de "décisions", comme un pays par exemple, qui est doté d’un ensemble cohérent d’institutions. Dans le cadre d'une ouverture outrancière au marché mondial on devient dépendant d’une zone mondiale qui elle n’est pas dotée d’outils de décisions politiques suffisants. On est alors dépendant d’un système qui ne prendra jamais la décision d’amorcer une transition écologique et dont le seul outil de régulation efficient est précisément le marché. Or il est proprement illusoire de penser que ce dernier pourrait s’équilibrer seul et assez rapidement dans le sens d'une transition écologique! Les gens sont pressés au porte-monnaie et pressés tout court, ils ont besoin qu'on les aide à mieux consommer.

Financiarisation de l'économie

La financiarisation de l’économie est à notre époque le principal canal de la dérégulation mondiale. C'est dans ce secteur que la dérégulation a été la plus forte et la plus inique, jusqu’à nous conduire aux aberrations que nous subissons aujourd’hui. La finance a exercé aussi toutes formes de pressions pour que se poursuive l’effort de dérégulation généralisée, voyant l'apogée de ses conquêtes dans les années 80 et sa consolidation jusqu'à nos jours.

Que reste-t-il à l'économie réelle ?

Aujourd’hui, la richesse produite dans l’économie est par trop reversée dans la sphère financière et ne retourne que peu à l’économie réelle; ce qui pourtant est la vocation première de la finance: faire circuler l’argent pour alimenter les différents secteurs de l’économie réelle. L’économie financière repose souvent trop peu sur des valeurs concrètes: matière première, produits manufacturés, services, travail effectué... et elle n’abonde pas assez l’économie réelle, sans que les politiques ne réagissent.

La finance un ennemi, vraiment ?

La finance tout court, non. Mais la finance dérégulée, oui. Si vous n’êtes pas tout à fait persuadés que cette dernière est une menace concrète et même active à l'intérêt général et à la démocratie, voyez donc cette vidéo. L’illustration "prémonitoire" qu’elle donne du quinquennat d’Hollande, du rôle de la finance et de son maître d’œuvre l’Union Européenne est simplement édifiante.

Ne pas craindre les forces financières

Le programme de la France Insoumise (l'Avenir en Commun) est construit pour répondre aux conséquences néfastes du libéralisme outrancier. On craint par trop que les marchés financiers ne s’attaquent à la France dans le cas d’une politique visant à les réguler. L'avenir en Commun prévoit la mise en place des mesures de protection pour y faire face. Voir la partie du programme concernée et les livrets à paraitre détaillant ces aspects. La lucidité impose de comprendre qu’on ne sortira pas du carcan financier sans un affrontement sans pour autant en surévaluer les effets ou la durée car les puissances d’argent n’ont qu’un objet: l’argent. Là où il y a de l’argent elles vont. À court ou moyen terme, il est inconcevable donc qu’elles se tiennent à l’écart, laissant à d’autres l’occasion de s’enrichir dans le nouveau cadre économique. Elles s’adapteront. D’autant plus si cette politique était appliquée en cohérence par l’ensemble de l’UE, qui est aujourd’hui le premier marché mondial. D’où l’intérêt d’ailleurs de plaider et de négocier pour une Europe différente plutôt que de prôner une simple sortie (comme le souhaite François Asselineau) ou rester flou sur ses intentions comme Marine Le Pen (Quelles renégociations? Quelle sortie?).

Le cas "Brexit" et la gauche anti-austéritaire portugaise

Lisez cet article du Temps sur les conséquences économiques immédiates du Brexit qui ne sont pas si terribles qu'annoncées. Ainsi, contrairement aux hypothèses qui fondent l’idéologie dominante les «acteurs économiques» sont loin d’être si «rationnels» que ne le suppose la théorie. Rien d'étonnant alors à ce que maints économistes se trompent dans leurs prévisions catastrophistes. Les sonnettes d’alarme tirées par les financiers sont en partie des écrans de fumée destinés à faire peur. Finalement, c'est peut-être parce que, dans cette affaire, ce sont eux qui ont le plus à perdre... On peut voir aussi cet article de Matin, ou celui du Figaro (pour les abonnés) qui parle de la situation du Portugal dont une politique de gauche anti-austérité a permi de faire diminuer remarquablement le déficit du pays. Ça n'efface pas leur dette mais les y aidera dans le futur.

Voir cet article à propos des controverses entre les économistes libéraux dits "orthodoxes" et les autres dits « hétérodoxes ». Leurs bases théoriques ne sont pas les mêmes... et cela explique peut-être l’inefficience chronique des prédictions économiques…





Médias et discours ambiant

Les grands médias

Les médias de grande écoute jouent un rôle très important sur la manière dont se construit notre perception de la réalité. Les analyses qui y sont présentées, les experts qu'on entend régulièrement et l'enchainement des actualités participent à dépeindre un tableau du monde à la fois uniforme et confus. Ces médias sont de plus en plus possédés par des grands groupes et sont dans une course à l’audimat effrénée. Tout cela influence nécessairement les lignes éditoriales. Or les intérêts de ces grands groupes ne convergent pas forcément avec l’intérêt général.

Médias alternatifs

Il y a des médias alternatifs qui permettent de contrebalancer le prisme général induit par les médias de grande écoute dont la qualité ne cesse de se dégrader. Avec internet aujourd'hui il est possible de multiplier les points de vue mais aussi d'approfondir certains sujets, prendre de la hauteur. Citons à titre d'exemple la foule des Youtubeurs qui font un effort considérable de pédagogie sur nombre de sujets, nous aident à réfléchir et prendre du recul. Mais aussi des média ou groupements indépendants comme Arrêt sur image, Acrimed, Mediapart bien sûr.... pour n'en citer qu'une poignée.

Audimat et sensationalisme

Les médias de grande écoute ne donnent en général pas de fausses informations. Le problème, c’est la manière de les présenter qui donne à voir une certaine réalité et contribuent, à force de répétition, à ancrer en nous des idées qu’on prend pour acquises, alors qu’il existe d’autres interprétations. Le fait de focaliser le discours sur certains aspects («dette», «compétitivité», «pragmatisme», «sondages», «terrorisme» et autres obsessions médiatiques...), le fait de nous "jeter en pâture" l’histoire du monde en une série continue de faits qui s’enchainent quotidiennement (Syrie, attentats, Brexit, décrets de Trump, attentats, scandale, Syrie etc.) donnent à voir un certain récit très centré sur "l’évènement" et le "sensationnel"; privé de recul.

Vue étroite

Audimat oblige, cette "info en continu" donne l’impression d’être immergé au plus près de la réalité. Mais ce n’est qu’une impression. En fait comme de vieilles taupes, nous sommes rendus myopes et amnésiques, notamment du fait qu’une actualité en chasse une autre. Nous ne voyons les choses que microscopiquement. C’est notre capacité à analyser qui en est la première victime. On pense «dette», «compétitivité», «coût du travail», «attentats», «le boucher Bachar»... et tout autre grille de lecture nous est retirée. L’absence de discours réellement contradictoire - pas juste anecdotiquement – nous prive de la multiplicité des points de vue et du recul nécessaire à se forger une vision valable des choses.

Les Suprimes : un exemple dans l'absurde

L’idée est ici que la réalité qui nous est décrite aura d’autant plus de chances de se vérifier que nous sommes nombreux à y croire. Les marchés financiers fournissent un bon exemple: la crise des Subprimes (2008). Inclus dans des produits financiers hétérogènes (les "Subprimes"), des titres de dettes contractées par des foyers américains s'échangeaient au prix fort sur les marchés financiers. Pourtant certaines personnes avaient découvert que les foyers américains commençaient à ne plus pouvoir rembourser. Cela normalement devait faire diminuer la valeur des titres, mais comble de l'absurdité, les agences de notations, sous la pression des spéculateurs persistaient à bien noter ces produits (AAA). En fait, tout le monde avait intérêt à ce que ces produits restent bien côtés, et continuent à gagner de la valeur... La valeur de ces titres était donc devenue purement artificielle. "Artificielle" et pourtant bien réelle dans le porte monnaie de certains. Mais quand le pot-aux-roses est découvert, c'est l'effondrement, et en cascade, une des plus importantes crises financières de l'histoire. Responsables du désastre : Standard & Poor’s, Moody’s, Fitch (agences de notation) ; Deutsche Bank et Goldman Sachs (banques). Le film The big short avec Brad Pitt est très bien fait pour comprendre cette histoire.

Exemples dans le discours ambiant

Tout ça pour dire que la réalité se forge aussi à partir de ce que nous croyons sur elle. L’effet de la croyance générale sur les évènements et sur la manière dont la réalité se façonne est donc bien réel, et ce qui est valable en finance l’est aussi pour le reste. Or dans ces « récits auto-réalisateurs », les médias et la parole politique jouent des rôles centraux. Donc il faut être circonspect et prendre du recul sur le discours général. Quelques exemples :

  • Plus on croit que le coût du travail est le seul levier de la compétitivité, plus c’est sur lui que la société et la politique auront tendance à porter leurs efforts de compétitivité. Et lorsqu’une politique allant dans ce sens donne des résultats on vous dira : « Vous voyez, on vous l’avait dit ». Alors qu’il y aurait eu d’autres leviers possibles : abaisser le coût du capital, monter en gamme (R&D), jouer sur la monnaie (lorsqu’on peut)...
  • Plus on croit que la compétitivité est le seul outil de la création d’emploi, plus on cherchera à accroitre celle-ci. Or il y a là aussi d’autres voies possibles, comme l’usage de mesures de type protectionnistes.
  • Plus on croit qu’on ne peut pas se passer d’engrais et de pesticides plus on en utilise, plus on appauvrit la terre et sa biodiversité et plus on a besoin d’engrais et pesticides... (et aussi car on ne sait plus faire autrement).
  • Plus on caractérise la Russie en ennemi, plus on dresse contre elle de défenses, et plus on suscite un comportement réciproque... et peut-être qu’un jour, la Russie deviendra vraiment notre ennemie. Et là certains viendront nous dire : « Vous voyez, on vous avait prévenu ! Vous avez bien fait de nous acheter tous ces chars et ces bombes ».

Note : la Russie est traitée avec si peu de rationalité ces temps-ci qu'il est bon de rappeler ceci : elle a perdu 27 millions d’hommes (!!) dans la seconde guerre ; les États-Unis 400 000. Quelque soit l’avis qu’on porte sur son régime actuel (et le précédent), l’Europe lui doit plus que ce que l’on veut bien se souvenir (voir cet article). Et notre histoire commune est longue et chargée...

Note 2 : en matière de géopolitique il y aurait bien des choses à dire sur le traitement médiatique qui est fait sur bien des sujets et bien des situations de pays étrangers. Cet article du blog de Mediapart est une véritable perle (et bien sourcée) qui présente beaucoup de ces sujets en les ramenant la position de Mélenchon à leur égard; et permettre de relativiser beaucoup de chose, loin des emballements émotionnels de la presse et du discours dominant. Il répond bien aussi aux attaques médiatiques (et politiques) qui pleuvent depuis que Mélenchon est haut dans les sondages

Ils possèdent les médias

Aujourd'hui la quasi totalité de la presse française est possédée par une poignée de groupes puissants, dont les intérêts ne sont nécessairement pas convergeant avec l'intérêt du plus grand nombre. Ces grands propriétaires ont le pouvoir de peser sur les lignes éditoriales. Non qu'ils interviennent directement sur les contenus, mais qu'ils savent mettre à la tête des rédactions des personnes dont ils savent qui ne dépasseront jamais certaines limites, d'autant plus qu'elles leur sont redevables. Étant donné qu'avec internet, le papier se vend moins, les journaux deviennent dépendants de modèles économiques très contraints qui assèchent la qualité de l'information. Un journal qui ne vend pas est un journal qui dépend d'apport financiers extérieurs. Il ne peut donc pas être indépendant.

Le journalisme dégradé

Par ailleurs, les journalistes eux-mêmes se sont vu précarisés au fil du temps. Ils sont de plus en plus pigistes (payés au papier) plutôt que salariés (c'est une ubérisation finalement). Très contraints financièrement ils perdent en indépendance et se plient à un conformisme aujourd'hui très perceptible à la télévision. Avez-vous remarqué la médiocrité des "journalistes" de plateaux ? Le journalisme d'investigation est aussi victime de ces contraintes financières or sans l'investigation aucune révélation n'est possible. Des lois sont même votées à l'UE qui l'entrave (les Verts et le Front de gauche sont les seuls a avoir voté contre).

Presse et démocratie

La vie démocratique doit pouvoir compter sur la presse comme contre pouvoir. Vis-à-vis du pouvoir politique, celle-ci est censée pouvoir apporter un contre discours, enquêter et informer pour dénoncer et se prémunir des dérives ou manipulations. Sans une presse libre et indépendante il devient extrêmement difficile aux gens d'exercer leur citoyenneté convenablement en étant bien informés et éclairés. Dans les présentes élections la démocratie subit une atteinte grave sous l'influence des médias, et des techniques de communications dont ils se sont fait les relais. En particulier s'agissant du traitement de la candiature d'Emmanuel Macron (une illustration - voir aussi cette vidéo). La partie de ce site dédiée à la "Politique du statu quo" développe sur ces aspects.





Politique du statu quo - Le cas Macron

L'homme du système politico-médiatique

Parmi les candidats, il y en a un leurre fascinant: M. Macron. Porté par les médias, il est un peu la solution que le système trouve pour se défendre face à la défiance générale. Sa dimension hors système est très artificielle: il sort tout de même de l'ENA, est fort de nombreux soutiens côté LR comme PS, est le représentant idéal de la finance et enfin a été soutenu par le système médiatique comme jamais un candidat ne l'a été dans l'histoire de cette élection. Cet article pointe par exemple sa surexposition médiatique. Macron est un produit marketing...

Le vide derrière les envolées

Avec Macron, les sujets les plus importants : environnement, justice sociale, répartition des richesses, démocratie, Europe... sont mis au second plan d'un discours finalement très creux sur: la modernité, le rassemblement, la "réussite" individuelle, la créativité façon "start’up", le pragmatisme économique... Il ne propose aucun horizon à notre société. Il fait "comme si"... Écoutez ses "grandes envolées" et cherchez y les termes concrets d'une société désirable, vous ne trouverez que le vide. C’est logique d’ailleurs, puisque «l'efficacité» est censée guider son projet. Mais qui s'intéresse à une efficacité qui ne vise aucun objectifs? Il est essentiel de savoir sur quelles bases nous voulons prospérer: environnement? Redistribution? Plus de démocratie...? Etc.

Gestionnaire du libéralisme

Dans le cadre néolibéral et européen actuel, il pourrait cependant faire l’affaire, voire un peu plus, comme Hollande... et c'est ce qui est inquiétant justement. Mais le problème aujourd’hui c’est bien le cadre, et non la gestion à l’intérieur du cadre. Macron: «Ni à gauche ni à droite...» mais économiquement surtout à droite. Le profit et le marché libre resteront avec lui les conducteurs de nos activités et il poursuivra –n’en doutez pas– cet effort dérégulateur car c’est là son idéologie. Cette vidéo de Osons Causer en montre les manifestations visibles. Cette vidéo de Trouble Fait vaut le détour également: une enquête qui présente par le menu détail la trajectoire de M. Macron, et sa collusion avec le monde de la finance et les cercles ultralibéraux.

CETA ou COP21, il faut choisir

Emmanuel Macron défend le CETA tout nous affirmant l’importance de la COP21, et d'ajouter un "et je l'assume totalement" pour subjuguer son auditoire. Ce qui revient tromper les gens pour des buses étant donné que le CETA contribuera à déréguler le commerce mondial, quand la COP21 elle, aurait besoin qu’on l’encadre fortement. Tout candidat qui soutient la COP21 sans dénoncer le CETA est – pardonnez l'expression – un "vil menteur" ou un "sombre cr...". On sait de plus qu'avec ces traités des tribunaux arbitraux pourront condamner les états au nom de juridictions privées. Une libéralisation qui nuira un cran plus loin à la démocratie. Aller... pas de sectarisme ici : voici un échange entre Philippot et Macron sur le CETA (même si nous savons que derrière, les motivation de M. Philippot et du Front national sont bien loin de celles de la France Insoumise).

Sur le rapport entre libéralisme et environnement (et le terrorisme), écoutez cette conférence de Jean-Marc Jancovici expliquant le type de contraintes qu’impliquent le respect des objectifs de la COP21 et leur urgence. C’est une conférence extrêmement bien documentée qui illustre à elle seule toute la pertinence du programme de la France Insoumise !

Faire semblant de réformer l'Europe

Sur l’Europe, Macron propose des réformes, mais pas tout de suite... son but est d’adapter d’abord l’économie française "pour être plus fort". Sauf que si on s'adapte, il ne reste rien à négocier ensuite (voir cet article ou celui-ci). Par ailleurs il ne propose aucune stratégie effective pour faire aboutir de telles négociations – tout comme Fillon, Hamon, et dans une large mesure Le Pen. Mélenchon de son côté ne se contente pas de proposer des objectifs sur l'Europe, il explique aussi comment y parvenir en faisant appel à la notion de rapport de force qui découle d’une appréciation réaliste des obstacles.

Au-delà des clivages de façade

Tel un Nietzsche rédempteur, Macron rassemble "par-delà" les clivages gauche/droite. En réalité il rassemble la tendance LR et la tendance PS, et concentre ainsi tout ce dont les français ne veulent plus. Les soutiens de Macron, avec cette sincère envie de changer le logiciel politique, ne perçoivent peut-être pas cela, ni la profondeur de la défiance qui traverse le pays envers ce modèle ultralibéral qu'ont épousés et l'UMP et le PS et Macron. Ce modèle que porte l'Europe et qui démantèle l’état et les services publiques, accroît les inégalités et étouffe la démocratie…

Construire collectivement un projet

Par ailleurs la programme d'Emmanuel Macron se veut élaboré par la concertation mais l'a plus été par la consultation. Des consultations menées dans un timing accéléré, avec l'intervention d'expertises néanmoins. Difficile cependant d'y voir un processus politique suffisant. Patience, construction collective et affinement ont contraire caractérisé le travail entammé par la France Insoumise depuis plus d’un an; sur l’appui d’expertises également, mais dans une démarche de concertation bien plus intégrée et très élargie vers ses soutiens. Ces citoyens ont été sollicités dans leur intelligence et leur interaction plutôt que par des doléances passives. (3000 contributions, une convention réunissant 600 personnes (dont tirées au sort) et des travaux de fond sur les livrets thématiques...). Le tout sur la base d’objectifs précis, fondés eux-mêmes sur un projet de société: transition écologique, planification industrielle, répartition de richesses, pacification etc... voilà une démarche authentiquement politique.

Macron, Fillon, Hamon... même combat

J’ai parlé ici de Macron mais cela fonctionne pour d’autres. Un candidat qui ne projette pas une rupture avec le modèle actuel de l’Union Européenne, en fournissant des garanties suffisantes quant aux futures négociations... poursuivra nécessairement la dérégulation en se soumettant à son modèle. C’est pourquoi Hamon perd en crédibilité en étant trop mou sur la question; d’autant qu’il est tenu par les enjeux internes du PS. Fillon veut au contraire accélérer les efforts pour se conformer au cadre actuel. C’est un parti pris... dont on sait hélas tous les efforts « injustes » qu'il ferait peser sur les classes populaire et moyenne.

La fin d'un système

Je ne parle pas des affaires en cours et ajoute simplement que sagesse et mémoire devraient nous interdire de voter pour ces trois-là et l’appareil politique déliquescent qui les porte. Ce n’est pas pour dire bêtement «tous pourris», car c’est une question quasi-institutionnelle: ces personnes-là sont prises dans la mécanique des partis et d’un pouvoir qui a fini de se structurer autour de principes d’alliances, ralliement, positionnement, cooptation... où les logiques d’intérêts personnels dominent sur une déontologie reléguée au rang de boulet. C’est une machine grippée qui campe contre toute «réorganisation» et cherche à conserver ses prérogatives et ses positions. Il n’y a qu’à voir les lois votées ces dernières années qui, renforcent leurs privilèges, les protègent de poursuites, ou encore verrouillent un peu plus le cadre démocratique et la main mise des grands partis:

Pour clore ce mini-panorama de la politique du « statu quo », on peut lire cet article écrit par une américaine qui dressait un portrait pertinent de ces élections et leurs enjeux. Dans cet article «système» est nommé «état profond».

Erreur dans l’article : Mélenchon propose de modifier l’Euro, pas le quitter...





Projet de la France Insoumise

Cet article de Bastamag présente un rapport qui montre la possibilité pour l’état de récupérer jusqu’à 200 milliards supplémentaires. L’argent est là... Vous constaterez ci-après que le projet de la FI, vise justement ces ressources. Cette vidéo explique aussi très bien l’appauvrissement de l’état.

La priorité démocratique

C'est une priorité car les dysfonctionnements de nos institutions sont devenus systémiques et que beaucoup d’autres domaines dépendent de l'état démocratique. La France Insoumise propose la mise en place d’une assemblée constituante devant organiser l’écriture d’une nouvelle constitution. Afin de garantir un travail désintéressé, l'idée retenue est de mixer des gens tirés au sort et des personnes élues n’ayant jamais siégé ailleurs auparavant car « ce n’est pas aux gouvernants d’écrire les règles qui justement sont censées encadrer leur pouvoir, mais aux gouvernés ». Voici une vidéo présentant ce principe. Outre l’organisation des pouvoirs, cette assemblée pourrait par exemple définir les moyens d'un contrôle citoyen sur la vie politique.

L'apport des citoyens constituants

Quoique serait le rôle et l’apport concret des citoyens prenant part à cette constituante, il faut ici balayer ce doute constant dans les esprits sur la capacité de citoyens ordinaires à contribuer de façon pragmatique et pertinente à l’élaboration d’une constitution. Pour peu qu’on les implique réellement, les gens se montreront à la hauteur de la responsabilité, pourront se former au droit constitutionnel et faire des propositions de qualité! Comme le sont d’ailleurs les jurés d’assises. Se référer à la partie «Urgence démocratique - La 6e République» de l'Avenir en Commun et le livret développant ce thème.

Une assemblée constituante pour entrer dans ce monde nouveau

À travers l'insertion de droits fondamentaux nouveaux et la refondation institutionnelle, la république et les français franchiraient un cap qui marquerait leur entrée dans cette ère nouvelle. Bien loin de la France d'après guerre de De Gaulle... Il ne faut pas sous-estimer l'importance et l'utilité d'un tel moment dans l'histoire d'un pays, surtout lorsque le contexte est au changement d'époque. C'est un moyen de franchir la crise «par le haut» comme dit Mélenchon et d'aborder les temps futurs avec une assise solide. Les autres candidats à l'élection –dont les propositions sur la démocratie sont très variables dans leurs qualités– semblent n'avoir pas compris que l'enjeu est plus grand que de seuls ajustements constitutionnels : la France se cherche...

L'impuissance institutionnalisée

L'Europe actuelle, institutionnalise l'impuissance des états, sans néanmoins avoir la contrepartie d'une démocratie au niveau européen. Toute l’impuissance de François Hollande par exemple s’explique ici...:

  • Pacte de stabilité: les budgets nationaux doivent être à l’équilibre et approuvés par l’Europe (3% de déficit maximum). Son application reste néanmoins peu effective. Voir cet article du Figaro.
  • Politique libérale et privatisation des services publics – fin de nombreux monopoles d’état : ouverture au privé et mise en concurrence des marchés publics et de secteurs d’infrastructure.
  • Pas d’harmonisation fiscale et sociale entre les états de l’Union.
  • Obligation pour les états d’emprunter au secteur privé plutôt qu'à une banque centrale – donc à taux élevés.

Tout cela est soit issu de directives Européennes, soit et surtout, inscrit dans les traités qui nous lient à l’Europe, avec en premier lieu : Maastricht, puis Lisbonne, que Sarkozy nous a fait passer de force en 2007 alors qu’on avait voté contre à 55% !! On le trouvait justement trop libéral ! Cherchez l’erreur...

L'Euro et la banque centrale

Pour les états de la zone Euro, les traités instituent l’Euro comme monnaie unique, elle-même gérée par une Banque Centrale Européenne (BCE) indépendante qui ici a entre autres pour mission de lutter contre l’inflation en la régulant et en influençant son taux. L’inflation et la valeur de l’Euro sont par ailleurs liées. La politique de la BCE est favorable à un Euro fort et une inflation faible. Tout cela est plus avantageux à l'Allemagne et quelques pays qu’aux autres économies qui se trouvent asphyxiées. Pour ces raisons, l’Allemagne ne souhaite pas changer les traités. Cela pose donc un problème... Par ailleurs, les états n’ont plus le droit d’emprunter directement à une banque centrale (ici la BCE). Les taux sont donc beaucoup plus élevés et la gestion de la dette est rendue plus difficile. Pour comprendre ces enjeux voyez ces deux sources:

L'harmonisation fiscale et sociale

Ça n’a l’air de rien comme ça mais c’est fondamental. Sans harmonisation fiscale et sociale, l’Europe et sa libre circulation des biens et capitaux, devient un espace de compétition accrue au lieu de coopération. Car si les états choisissent librement leur fiscalité sur les entreprises, alors ils ne jouent pas à armes égales : les sièges sociaux, les capitaux s’en vont ailleurs, l’évasion fiscale va croissante... ce qui pousse les états à baisser toujours plus leurs fiscalités. Cercle vicieux qui conduit à un appauvrissement des états. C’est le dumping fiscal. De même pour l’harmonisation sociale : des états peuvent « choisir » de moins bien payer leurs salariés, abaisser leurs protections sociales etc. et ainsi, comme le marché est unique (pas de taxes aux frontières), une concurrence déloyale se met en place sur le coût du travail. C’est le dumping social.

Petit à petit c’est l’ensemble de l’activité qui, au sein de l’Europe, est tirée vers le bas (humainement et économiquement) sous la pression compétitive. Les états ont moins de recettes, investissent moins et s'endettent, les entreprises privilégient la délocalisation à la montée en gamme, les conditions de travail se détériorent... Avoir une monnaie unique et un marché unique sans harmonisation fiscale, économique, sociale, ça ne fonctionne donc pas (à moins de se doter d’outils de compensation – cf ci-avant « Table-ronde - Maitriser la monnaie... »). Il faut redéfinir l’Euro et tendre vers plus d’harmonisation fiscale et sociale. À défaut, la sortie de cette Europe-là sera inévitable, qu’elle soit subie ou planifiée.

Sur ce sujet, Le Pen dit qu’elle va renégocier les traités et ensuite soumettre cela aux français qui trancheront : on accepte ou on sort. Mais le problème est qu’on ne sait pas précisément ce qu’elle compte négocier, un doute subsiste sur son intention réelle « d’améliorer l’Europe ». Alors que côté Mélenchon, on connait bien mieux les points qui seront négociés et on pourra juger sur cette base.

La transition écologique ne s'improvise pas

Sur ce sujet vital, bien que peu populaire aux élections, l'Avenir en Commun est le seul programme pour lequel la question écologique soit véritablement structurante. C’est le seul qui propose concrètement un plan de transition écologique et qui met en question les modes de vies et de consommation. Car une transition écologique nécessite bien plus qu'une série de mesures (fiscales notamment). C’est une démarche intégrée et systémique. Note : cette planification économico-écologique voudra idéalement s'appuyer sur la mise en place d'un protectionnisme dit "solidaire" à l’échelle européenne – qui a un poids économique suffisant pour le négocier avec les pays hors UE (la renégociation des traités jouera donc son rôle ici). L'idée est de taxer certains produits en fonction de leur distance d'importation et conditions de productions. De la sorte, en relocalisant la production, on fait du bien à l’environnement. Ce principe simple fait double emploi: créer/protéger l’activité dans la zone «Europe» et réduire l’empreinte environnementale. En notant bien toutefois que l'instaurationn d'un tel protectionnisme n'est pas chose aisée.

La planification comme relance multisectorielle

La planification s’articulera avec un plan de relance : injection de 100 milliards d’euros en investissements ciblés. Celle-ci ciblera les petites et moyennes entreprises (réaffectation du CICE de Hollande) et les activités non-délocalisables. D’autre part, elle ciblera des secteurs stratégiques au service de la transition écologique: industrie énergétique, habitat, agriculture paysanne et bio plutôt que « tout agro-chimique », série de mesures sur la mobilité (ferroutage, renationalisation des autoroutes, fiscalité du diesel, mobilité partagée et douce), régies publiques de l’eau, OGM... R&D... Il s’agit en fait simplement d’un plan industriel dont le propre est de planifier sur le long terme (à 30 ou 40 ans). Chose que la France n’a plus fait depuis De Gaulle

Des investissements conséquents mais...

De tels investissements ne sont pas inconsidérés et suivent le modèle de la relance Keynésienne: l’état fait des commandes publiques (relance par la demande). À court terme il est nécessaire que cette dépense ne fuie pas vers l’étranger (achats en importation) et à plus long terme qu'elle rapporte à l’état (retours sur investissements). Celle-ci ciblera donc certains types d'activités: non-délocalisables et pourvoyeurs d’un patrimoine durable (constructions et installations) et/ou à forte valeur ajoutée (R&D et secteurs porteurs). Selon le chiffrage réalisé par la FI, et sur la base des estimations du FMI en estimation basse, cette relance rapporterait 195 milliards € à terme. Sur ces aspects, écouter l’émission de chiffrage du programme, à 1h45’.

Être aux avant-postes de la transition: seule la France le peut!

Investir dans l’industrie et la recherche et orienter leur activité dans le développement de solutions et techniques écologiquement soutenables est une véritable opportunité économique pour un pays comme la France; en se réservant des parts de marché futures précieuses. Au-delà des raisonnements étriqués sur les économies à faire et la compétitivité... avoir des choses à proposer, être le meilleur ou le seul à le faire... c’est encore le meilleur moyen de vendre. On vendra en faisant mieux et en anticipant les besoins.

Sur ce type d’ambitions, la France est particulièrement avantagée car elle sait "tout" faire. Elle se caractérise par une diversité industrielle cruciale pour s’attaquer à des projets aussi complexes qu’une transition écologique. Transports, infrastructure, énergie, télécommunications, agriculture, chimie, espace... nous sommes multitâches. L’Allemagne par exemple, très spécialisée (machines-outils et automobile) n’est pas dans ce cas et serait bien en peine de mettre en œuvre une telle politique. La France est un des rares pays au monde qui le peut et c’est une opportunité à saisir pour se placer aux avant-postes. Voir la conférence de J.-M. Jancovici à 1h20’.

Je fournis juste quelques données. Pour le détail, je vous invite à consulter le chapitre du programme dédié à ce thème (Protéger et partager), les commentaires des différentes sections sont instructifs.

Petit état des lieux de l'investissement: que font les actionnaires de leurs bénéfices?

Depuis les années 80 la part des dividendes des grandes entreprises est passée de 30% à plus de 85% aujourd’hui, au détriment de l’investissement. Voir cet article édifiant. En clair, lorsqu’une entreprise fait des bénéfices, les actionnaires, par la voie des conseils d’administration et autres... en reversent une partie à l’investissement dans l’entreprise, et une autre à eux-mêmes comme rétribution directe ou indirecte. Aujourd’hui, les actionnaires ponctionnent beaucoup plus et les entreprises s’appauvrissent, ne peuvent plus investir, se créer des débouchés, susciter de l’activité et de l'emploi. Cela es dû à un effet extrêmement pervers de à la financiarisation et de la dérégulation, qui a rendu le profit très court-termiste: on demande des résultats au trimestre, alors que l’investissement productif (l'économie réelle), lui, porte ses fruits sur plusieurs années. Pour maintenir les marges on s’attaque donc d’abord au coût du travail, plutôt que de parier sur l’avenir. Quand on vous parle «coût du travail», répondez donc «coût du capital». Sur ce sujet, voir la section Mettre au pas la finance du programme. Le FMI tirait lui-même la sonnette d'alarme dans un rapport paru en 2015: la trop faible redistribution des richesses actuelle nuit à l'économie.

Divers mesures fiscales et salariales

Sur d’autres domaines du partage, la France Insoumise propose d'étaler l'impôt en augmentant le nombre de tranches. Elle propose aussi de limiter les hauts salaires : à 300 000€/mois, ou bien, à 20 fois le salaire minimum de l’entreprise. Ainsi, si un patron veut s’augmenter, il devra donc augmenter ses salariés proportionnellement. Si elle peut avoir quelques effets positifs sur les salaires, cette mesure est surtout une mesure éthique finalement. Mais y-a-t-il une raison d'exclure la morale du sujet politique? Une autre mesure est l’augmentation du smic de 15% et la revalorisation des salaires de la fonction publique, gelés depuis 2010. L'augmentation des salaires des femmes à la hauteur des hommes sera aussi progressivement visée, qui financera la retraite à 60 ans. Toutes ces augmentations de salaire devront par ailleurs compenser l'augmentation des prix à l'importation dus au protectionnisme solidaire (cf "La transition écologique").

Redistribution aussi vers les petites entreprises

Enfin, la FI compte diminuer la fiscalité des entreprises pour passer de 35% de prélèvement à 26%. Oui, vous avez bien lu! En contrepartie, elle compte faire le ménage dans les niches fiscales pour dégager des rentrées car celles-ci permettent aux grandes entreprises de ne payer en moyenne que 6 à 8% de taxes! Alors que les PME payent plein pot. Au final l’état, ni ne perd, ni ne gagne. Simplement le poids de la taxe est re-réparti équitablement sur toutes les entreprises et les PME pourront mieux rémunérer leurs employés.


Pour connaître le programme de la France Insoumise:

Certains meetings ou vidéos sont utiles pour comprendre l’esprit et la logique du programme, avoir une vue d’ensemble ou détaillée...:

Intervention à la journée de l’écologie : agriculture et écologie comme entrée en matière sur tous les autres sujets.

Meeting du Havre : Parti socialiste, géopolitique, histoire récente du capitalisme ses effets, travail et répartition des richesses (sa différence aux autres candidats, dont Le Pen).

Meeting de Périgueux (1h01 -> 2h01) : Capacités techniques pour la transition énergétique - austérité et pertes d’emplois futures - rapport entre : financiarisation, désindustrialisation, BCE et plan de relance.

Chiffrage complet du programme (Émission de 5h30 !! Panorama complet et détaillé du programme - questions des journalistes à la fin intéressantes, sur le volet économique surtout). À regarder par séquences...

Note : il n'a guère été question ici d’agriculture et pourtant... le programme agricole de la FI est très bon (voir le livret dédié). Bien d’autres sujets manquent évidemment, comme l’éducation...

Cette infographie donne une idée de projet économique de la France Insoumise et ses équilibres généraux:

Image de l'infographie


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Réalisation

Anthony, Guillaume
Merci à Guillaume et Lisa ;)


Contact : pk.voter.melenchon@gmail.com

Note de l'auteur

La candidature de Jean-Luc Mélenchon est, à mon sens, la plus adaptée aux défis des années à venir. C’est pourquoi j’ai voulu ici présenter le projet et le promouvoir.


Je tente d’y présenter de façon pédagogique les grands enjeux de la situation actuelle : principalement à travers l’économie, la politique, les médias et les élections.


Ces constatations sont mises en lien avec le programme de la France Insoumise, l’Avenir en commun, afin de lui donner un éclairage utile pour mieux comprendre ce projet que porte Jean-Luc Mélenchon.


Vous trouverez sur ce site de multiples liens vers des sources diverses qui étayent ou permettent d'approfondir les différents sujets.